Suspension






A la fois l'embarcation et l'ancre
Le désir et son violent retrait
L'espace entre les points, la suspension
Le marquage

Au sol et sans appui
Démontée
Tournant autour du pic des cimes imaginables
Bavant sur demain décimé

Plus fatiguée mais moins lente à savoir
Immobile et fuyante
Jamais gardée
Jamais garée, jamais regardée, égarée

Muette et bourdonnante
Sans appel, pulsée partout pourtant
D'abord vient après
L'attente se tend, le temps s'entend et je soupire

L'avenir m'oublie
Je lui fais confiance
Muselée et docile
Suivant les migrations des cigognes noires

Suspendue, suspendue
Comme une trace, un geyser à l'envers
Accrochée au vide que j'ai exhalé face à ma couche
Avec le zèle féroce des amantes oubliées




Octobre 1014